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24/03/2025 17:00
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DIJON : Nathalie Koenders expose «la vision qu'elle porte en matière d'urbanisme»

Ce lundi 24 mars, la maire de Dijon a justifié sa décision de ne pas faire appel de l'annulation du permis de construire du projet immobilier Venise II en présentant une inflexion de la politique urbanistique de la municipalité.
Le 23 janvier 2023, le conseil municipal de Dijon accordait un permis de construire au promoteur Édouard Denis pour réaliser un projet immobilier de 85 logements en bord de Suzon, au nord de la commune.

En réaction, des militants anticapitalistes et écologistes ainsi que des habitants lançaient une mobilisation citoyenne au nom de «Sauvons les berges du Suzon» avec des manifestations (lire notre article) ainsi que des actions judiciaires (lire notre article), appuyées par des associations de défense de l'environnement comme les Amis de la Terre Côte-d'Or.

Le 6 mars 2025, le tribunal administratif de Dijon a annulé le permis de construire à la grande joie des militants qui ont salué «la mobilisation citoyenne sur le terrain depuis deux ans et demi ».

Ce lundi 24 mars 2025, en amont du conseil municipal prévu le soir (lire notre article), lors d'une conférence de presse, Nathalie Koenders (PS), maire de Dijon, a annoncé que la collectivité ne ferait pas appel de la décision en raison d'une inflexion de la politique urbanistique de la Ville. Cela à un an de la prochaine élection municipale.

«Je rappelle l'impérieuse nécessité de construire des logements»


«Je souhaite faire un point général sur la vision que je porte en matière d'urbanisme», a déclaré avec gravité celle qui est maire de Dijon depuis le 25 novembre dernier, après avoir été première adjointe de son prédécesseur, François Rebsamen (PS, FP), actuel président de la Métropole de Dijon et ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation du gouvernement de François Bayrou.

«Je rappelle l'impérieuse nécessité de construire des logements à laquelle nous devons toujours répondre, non seulement des logements à loyer modéré mais des logements pour toutes les catégories de population avec une ambition de mixité sociale qui est l'une des conditions de notre cohésion sociale.»

«Dijon a mené depuis 20 ans une politique particulièrement ambitieuse que nous devons à la détermination de François Rebsamen puis à l'engagement personnel et extrêmement vigoureux de son adjoint à l'urbanisme Pierre Pribetich qui, pendant 23 ans, a été aux côtés de François Rebsamen.»

«Le travail mené jusqu'alors pour construire, tout en contenant au maximum la consommation foncière, est remarquable. Notre Métropole a été l'une des toutes premières de France à se doter d'un plan local d'urbanisme intercommunal associant les questions d'habitat et de déplacement. C'est notre manière de concilier l'écologie et le social en affirmant par exemple que la construction de logements doit être connectée aux besoins de déplacements. Nous avons été précurseur dans ce domaine et c'est, probablement, une des raisons de l'excellente performance de notre réseau de transports en commun. Je m'inscris d'ailleurs dans cette même détermination.»

«Nous continuerons d'agir pour que chacun ait un toit digne et adapté»


«En France, je rappelle que 4,2 millions de personnes vivent sans logement ou dans des conditions précaires. Dijon n'échappe pas à ces réalités puisque plus de 11.000 personnes sont en attente d'un logement à loyer modéré sur le territoire métropolitain. Rien qu'à Dijon, ce sont plus de 8.5000 personnes. Parmi elles, 60% formulent une première demande tandis que 40% cherchent à changer de logement.»

«C'est d'abord pour répondre aux besoins des Dijonnaises et des Dijonnais qu'il nous faut construire. (…) Nous devons répondre à ces besoins en construisant, en réhabilitant aussi et en facilitant aussi l'accès à des logements abordables puisque se loger est un droit fondamental. Nous continuerons d'agir pour que chacun ait un toit digne et adapté.»

«Nous avons aussi besoin de promoteurs prêts à s'engager et à réaliser, à nos côtés, de belles opérations. Tous les promoteurs le Dijon est une ville où l'on veut construire. La construction de logements est aussi une condition essentielle de l'attractivité de notre ville. (...) Si nous gagnons en nombre d'habitants, c'est aussi grâce à notre politique de logement. (…) Dijon et Besançon ont une croissance positive et raisonnable.»

«Nous construirons désormais en préservant les grands espaces de pleine terre que nous aurons identifiés»


«Nous continuerons de construire à Dijon mais nous le ferons en tenant compte des évolutions de l'époque, de la société et des impératifs irréfutables qui concernent la biodiversité.»

«Je connais aussi la demande des habitants de bénéficier de plus d'espaces de respiration et la nécessité, dans un contexte de crise climatique, de préserver les espaces de nature en ville, d'en créer aussi des nouveaux.»

«Nous construirons désormais en préservant les grands espaces de pleine terre que nous aurons identifiés.»

«Nous aurons, au début du prochain mandat, à engager la révision du PLUi-HD et ce sera l'occasion de se pencher sur ces nouvelles orientations sur lesquelles je suis parfaitement en phase avec François Rebsamen, le président de la Métropole.»

«J'ai pris la décision de ne pas faire appel de l'annulation du permis de construire de l'opération Venise II»


«C'est dans cette logique que j'ai pris la décision de ne pas faire appel de l'annulation du permis de construire de l'opération Venise II. J'ai réfléchi. J'ai consulté et, ensuite, j'ai tranché, j'ai pris ma décisions. Le promoteur en a été informé. C'était un projet très intéressant mais mal parti à certains égards.»

«Ce choix, adopté en phase avec le président de la Métropole, s'inscrit dans la continuité des décisions que nous avons prises conjointement ces dernières années.»

La maire de Dijon cite les exemples de l'abandon d'un projet immobilier rue de Larrey, la création du square Samuel-Paty, de la réalisation du projet Garden State sur «un terrain déjà artificialisé» ou encore des construction prévues aux Lentillères en bordure du mail Guynemer.

«Une de mes décisions est de lier l'urbanisme à la transition écologique»


«Les possibilités ne manquent pas dans notre ville et nous saurons les trouver. (…) Une de mes décisions est de lier l'urbanisme à la transition écologique en les confiant à une même personne [NDLR : Antoine Hoareau (PS) le premier adjoint au maire Antoine Hoareau].»

«C'est une étape de plus franchie dans la politique d'urbanisme vertueuse menée à Dijon depuis le début des années 2000, une politique de reconstruction de la ville sur elle-même sans empiéter sur les espaces de biodiversité, en densifiant le long des grands axes de transports. Plus de 20.000 logements ont été construits (…) sur l'équivalent de 4 terrains de football.»

«Cette sobriété foncière en pratique est à mettre en regard des centaines d'hectares consommés lors des deux décennies avant 2001.»

«Il reste à Dijon des terrains déjà artificialisés sur lesquels il est possible de construire. Nous les recenserons dans le cadre du PLUi-HD. D'ici là, nous les présenterons à la population et aux promoteurs. (…) Nous aurons aussi à compter la capacité d'innovation des promoteurs (...) pour les projets de logement.»

Le promoteur devrait «suivre la décision» de la municipalité


Interrogée sur la réaction du promoteur Édouard Denis, la maire de Dijon suppose qu'«il suivra la décision de la Ville de Dijon» sans intenter de contentieux contre la municipalité.

Concernant le devenir de l'espace concerné au bord du Suzon, Nathalie Koenders répond «chaque chose en son temps». «Il n'y aura pas de projet d'urbanisation. (…) On peut faire de belles choses avec la gestion différenciée des espaces publics.»

Le référendum concernant l'urbanisation du mail Guynemer est enterré


Aux Lentillères, Nathalie Koenders enterre le projet de «référendum» initié par son prédécesseur : «Je souhaite que les gens soient logés dignement et légalement, ce qui n'est pas le cas sur certaines parties des terres occupées illégalement aujourd'hui. [Les occupants] m'ont dit être ouverts à la discussion, (...) il n'y aura pas de souci pour les rencontrer si, à un moment donné, l'échange est constructif. (...) Je souhaite trouver une solution, s'ils ne le veulent pas, on sera obligé de passer par la force».

«Avec les effets du changement climatique, on a des enjeux de qualité de vie»


«Le premier adjoint va rencontrer les promoteurs» pour aborder leur «capacité d'innovation» sérieusement challengée lors de l'élaboration de la Réglementation environnementale 2020. «On traverse une crise de l'immobilier, il faut savoir s'adapter», a martelé la socialiste.

«Avec les effets du changement climatique, on a des enjeux de qualité de vie», a commenté Antoine Hoareau, «il faut qu'on arrive à convaincre les promoteurs. (…) Il faut qu'on puisse imposer de nouvelles règles de construction [avec la révision du PLUi-HD].»

Propos recueillis par
Jean-Christophe Tardivon

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